Enseigner et apprendre l’agro-écologie

Séminaire "Enseigner et apprendre l’agro-écologie"

Toulouse-Auzeville, campus des sciences vertes, ENSFEA, 4 octobre 2018

Agreenium a organisé une journée de séminaire à destination des enseignant, formateurs, responsables de formation intervenant dans le champ de l'agro-écologie, afin de partager les expériences de son enseignement. Cette journée s'inscrivait dans la suite du séminaire annuel de formation consacré au plan "Enseigner à produire autrement 2015-2018, quelles perspectives?", organisé par l'Ensfea, l'Institut d'éducation à l'agro-environnement de Florac-Montpellier SupAgro et l'Institut Eduter d'AgroSup Dijon.
La 3ème journée de séminaire consacrée à l'agro-écologie a  permis de rassembler les référents régionaux et des enseignants-chercheurs issus des établissements de l’enseignement supérieur, autour de conférences, exposés, tables rondes, ateliers de réflexion collective entre enseignants, formateurs et apprenants,  exposition de posters présentant des ressources et services...
Matin
9h15-9h30 : accueil par Marion Guillou, présidente du conseil d’administration d’Agreenium.
  • Marion Guillou introduit les travaux de la journée devant une assemblée de quelques 160 participants.
  • Emmanuel Delmotte, directeur de l'Ensfea, accueille les participants au nom des établissements toulousains, l'Ensfea, Toulouse INP-Ensat et l'Envt.
  • Philippe Prévost, chargé de coopération numérique, Agreenium, se réjouit de réunir à la fois l’enseignement supérieur, la recherche et l’enseignement technique (enseignants et élèves de BTSA) et détaille les objectifs de la journée: s'informer (exposés), partager (ateliers), échanger (débats), découvrir (stands thématiques), prendre du recul,...

L’objectif de ce séminaire est de promouvoir une information partagée et l’échange d’expériences pour répondre aux enjeux posés par l’agro-écologie dans la formation (transversalité, pluridisciplinarité, approche systémique, pédagogies actives). Ces enjeux peuvent se décliner suivant plusieurs entrées : les thématiques enseignées (agriculture, élevage, territoire, alimentation, ...) ; les pratiques et les dispositifs pédagogiques mis en œuvre pour aborder ces questions (enseignement numérique, dispositifs expérimentaux, projets professionnels, référentiels, ...) ; les publics d’apprenants : élèves, étudiants, professionnels, etc.

9h30-10h45 : enseigner et apprendre l’agro-écologie : quels sont les enjeux pour la formation ?
  • Au micro, Jean-Marc Meynard, directeur de recherche à l’Inra:, introduit son propo: "la définition de l'agro-écologie il y a trente ans , c'était "l'écologie dans la gestion des écosystèmes", puis il y a eu une évolution, vers "l'écologie des systèmes alimentaires", et aujourd'hui, on dit l’agro-écologie, c'est-à-dire "la recherche, l’éducation et l’action intégrées au service du développement durable de l'agriculture".
  • Jean Simonneaux, professeur en sciences de l’éducation à l’Ensfea: "l'agro-écologie correspond au développement d'une pensée critique"...."L'enseignement doit favoriser les expériences vécues, avec des situations réelles, avec des dispositifs coopératifs, avec des approches multi-échelles. Il faut passer de la rétro-cognition à la pro-cognition, penser, scénariser et simuler les futurs possibles."


  • la séance pleinière en intégrale.


10h45-12h30 : séquence de réflexion collective par objets/démarches d’enseignement
  • Un des 10 ateliers pour échanger, entre enseignants, formateurs et étudiants, à partir de 2 témoignages d’expériences, sur les conditions d’efficacité de la formation en agro-écologie.  Les thèmes des ateliers: gestion des ressources naturelles, systèmes de culture, systèmes d’élevage, santé animale, santédes plantes, gestion de l’entreprise, systèmes alimentaires territoriaux, transition agro-écologique, paysage, forêt

Après-midi
13h45-15h00 : séquence de partage d’expériences pédagogiques
  • Une découverte d'une trentaine de stands était proposée avec un départ toutes les 15 minutes. . Des producteurs et diffuseurs de ressources pour l’enseignement en agro-écologie, qu’ils soient dans le système d’enseignement agricole ou à l’extérieur (éditeurs, instituts techniques,...), ont présenté leurs produits et services: partage d’outils, de méthodes, de dispositifs de formation en agro-écologie destinés aux enseignants pour construire leur enseignement.

  • Les publications des éditions Quae.

15h00-15h45 : et que se passe-t-il ailleurs ?
  • Marjolein Vissier, professeur en agro-écologie, Université Libre de Bruxelles: l'agro-écologie est enseignée dans son Université comme un apprentissage par découverte. Les apprenants vivent la complexité de l'intérieur, ils appréhendent la dimension humaine.
  • Philippe Pointereau, directeur du pôle agriculture Solagro livre quelques leçons de son expérience en agro-écologie: viser des principes et non pas des standards, intégrer l'alimentation dans des systèmes territorialisés, ...Il faut une approche holistique et systémique.


  • la séance pleinière en intégrale.


15h45-16h15 : quelle mise en perspective pour l’enseignement d’agro-écologie dans l’enseignement supérieur agricole ?
  • Thierry Doré, professeur d’agronomie à AgroParisTech : grand témoin de la journée, identifie 4 enjeux principaux: relier agriculture et alimentation; donner leur place aux initiatives locales; enseigner la transition et le mouvement; enseigner la réflexivité, l'éthique et l'esprit critique!
  • Patrick Mayen, professeur en sciences de l’éducation à AgroSup Dijon.


  • la séance pleinière en intégrale.


16h15-17h15 : table ronde : « L’agro-écologie, une transition culturelle »
  • Table ronde animée par Jean-Marie Guilloux, mission agrobiosciences Inra. Participants : Patrick Denoux, professeur en psychologie et sociologie interculturelle, Université de Toulouse, Marion Guillou, conseillère d’Etat, présidente du conseil d’administration d’Agreenium et Marie-Laure Navas, professeur d’écologie, directrice adjointe de l’UMR Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, Montpellier SupAgro.
  • Jean-Marie Guilloux, animateur de la table ronde, invite les participants à s'exprimer notamment sur la mixité sociale et l'interdisciplinarité inhérents à la transition agro-écologique. Marie-Laure Navas et Marion Guillou ont insisté sur la nécessaire interdisciplinarité, et attiré l'attention sur le fait que mixité ne signifie pas interculturalité, or c'est bien celle-ci qui est nécessaire.

  • Un débat animé sur la place des professionnels dans l'enseignement de la transition agro-écologique, la rémunération des produits agro-écologiques par les consommateurs, la prise en compte du temps long de l'agro-écologie, ...

17h15-17h30 : Conclusion par Elisabeth Lescoat, adjointe à la sous-direction de la recherche, de l'innovation et des coopérations internationales, direction générale de l'enseignement et de la recherche, ministère de l'agriculture et de l'alimentation
  • Elisabeth Lescoat remercie les participants et souligne l'importance des travaux sur l'agro-écologie, son enseignement et son apprentissage et l'importance qu'ils soient poursuivis. Le  Plan "Enseigner à Produire Autrement", sera poursuivi autour de 4 axes: développer l'agro-écologie dans les cursus de formation; inclure dans les formations, les enjeux de l'alimentation, du sanitaire, et de la rémunération par le consommateur des producteurs engagés dans la transition agro-écologique; toucher un public plus large; valoriser auprès de la profession les avancées réalisées dans l'enseignement technique et l'enseignement supérieur agricoles.



crédit photo © Camille Hervé/Agreenium
, © Pierre Grenier/Agreenium, © Claude Bernhard/Agreenium.